Comme chaque année, le SoBD (Salon des Ouvrages sur la Bande Dessinée) se tiendra à Paris le premier week-end de décembre. La prochaine édition, la 12e, aura pour invités d’honneur Loo Hui Phang, scénariste de Frederik Peeters, Philippe Dupuy, Hugues Micol, Jean-Pierre Duffour (invité du prochain numéro de Bananas), etc. Elle sera accompagnée de Pierre Fresnault-Deruelle, pionnier de la recherche universitaire sur la bande dessinée.

Stand Pologne au SoBD de 2019

Autre invitée, après la Pologne en 2019 : la Tchéquie, en présence de nombreux auteurs, éditeurs et spécialistes. Quatre tables rondes seront organisées le dimanche après-midi pour permettre d’en découvrir l’histoire et les auteurs, classiques et contemporains. Une exposition riche d’une centaine de pièces en présentera quelques-uns : Pavel Čech, Kateřina Čupová, Lucie Lomová, Vojtěch Mašek et František Skála.

Lucie Lomová

D’autres tables rondes seront consacrées aux invités d’honneur, au roman-photo, aux mangas, aux bandes dessinées numériques, à la bande dessinée publiée dans la presse féminine. Sans oublier la Revue de littérature, consacrée à plusieurs ouvrages d’études sortis dans l’année, et le Commentaire de planches puisées cette année dans celles scénarisées par Loo Hui Phang.

Une quarantaine d’éditeurs seront présents, dont Ça et là, Delirium, FLBLB, Fordis (qui réédite Les Pionniers de l’Espérance), Hibou, PLG, Tanibis, etc.

Ce sera l’occasion de compléter votre collection de Bananas (le n°15 à paraître le 10 février 2023 sera disponible en avant-première).

Hormis les Master Class, tout est gratuit, mais les ateliers et tables rondes nécessitent une inscription préalable.

Plus d’informations sur https://sobd2022.com/

Halle des Blancs Manteaux, 48 rue Vieille du Temple, 75004 Paris. (Métro : Hôtel de Ville) ; Vendredi 2 décembre 2022 – 15h00 à 19h00 ; Samedi 3 décembre 2022 – 11h00 à 19h00 ; Dimanche 4 décembre 2022 – 11h00 à 19h00

Avant le SoBD, ce sera déjà le SoBD !

Les cinq artistes tchèques sus-nommés se présenteront au cours de 5 interviews-portraits d’une vingtaine de minutes suivies d’échanges avec le public, le mardi 29 novembre de 17h30 à 19h30 au Centre Culturel Tchèque de Paris, 18 rue Bonaparte (Métro Saint-Germain-des-Prés). Entrée libre.

La veille, soirée consacrée à l’émission mythique Tac au Tac, diffusée à la télévision française entre 1969 et 1975, où des dessinateurs participaient à un cadavre exquis graphique. La rediffusion de quelques extraits de l’émission sera suivie d’un débat en présence notamment de Jean Mulatier (voir Bananas n°12), probablement le plus grand caricaturiste du monde, ancien participant à l’émission. Bibliothèque publique d’information (BPI) du Centre Georges Pompidou, Petite salle (niveau 1) ; lundi 28 novembre de 19h à 22h. Métro Rambuteau ou Hôtel de ville.

Le programme complet du SoBD 12 est disponible sur son site.

https://sobd2022.com/Images/2022/10/Programme-SoBD-2022-web-par-pages.pdf


Caricature de Jean Doisy par Sirius, reproduite dans La Véritable Histoire de Spirou 1937-1946, Bertrand et Christelle Pissavy-Yvernault, Dupuis, 2013.

France-Inter sort de l’ombre Jean Doisy, premier rédacteur en chef (officieux) de Spirou, objet de l’émission Autant en emporte l’Histoire le 1er octobre. L’émission comporte une fiction, avec notamment comme personnages Doisy ainsi que Paul et Charles Dupuis, et un échange avec Christelle Pissavy-Yvernault, co-responsable d’un travail minutieux et formidable sur l’histoire de Spirou, publié en deux volumes contenant une grande quantité de documents inédits et exceptionnels.

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/autant-en-emporte-l-histoire/autant-en-emporte-l-histoire-du-samedi-01-octobre-2022-8521075?

Alison Bechdel (Fun Home, C’est toi ma maman ?) était l’invitée d’Affaires Culturelles sur France-Culture le 28 octobre.

« Je suis devenue dessinatrice de bande dessinée pour éviter l’attention. La bande dessinée avait une mauvaise réputation, ce n’était pas une chose à laquelle on aspirait. Mais je sentais que je pouvais m’exprimer librement dans ses formes, d’une manière que je n’aurais pas pu faire si je voulais faire plaisir aux critiques. C’était un monde de tohu-bohu où je pouvais écrire sur le fait que j’étais lesbienne dans les années 1980, ce qui ne se faisait pas à l’époque. Mais ensuite, bizarrement, tout mon plan a été réduit en miettes car devenir auteure de bande dessinée, c’ est devenu quelque chose à la mode, de très respectable et même considéré comme de la culture ! »

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/affaires-culturelles/alison-bechdel-est-l-invitee-d-affaires-culturelles-4364749

La chaire annuelle « Création artistique » du Collège de France a été confiée pour l’année 2022/2023 à Benoît Peeters. Dans sa leçon inaugurale du 27 octobre, il a brossé une rapide histoire de la bande dessinée, au cours d’une prestation brillante, comme attendue (le contraire eut été étonnant). Ne disposant que d’une heure, il serait vain de lui reprocher les choix qu’il a dû opérer, d’autant qu’il a réussi à atteindre un savant équilibre entre l’histoire de ce 9e art et son histoire personnelle, et ne pas se limiter à l’évocation d’une succession des plus illustres dessinateurs. Mais s’il n’y a pas lieu de pointer ceux qui furent cités et ceux qui furent omis, un reproche demeure légitime : celui de coller un peu trop parfaitement à une histoire « officielle » qui irait, grosso modo, de Rodolphe Töpffer aux romans graphiques et aux mangas, en passant par les dessinateurs de la seconde moitié du XIXe siècle, Krazy Kat et Popeye, Saint-Ogan et Hergé, Spirou et Tintin, Goscinny et Pilote, L’Écho des Savanes et Métal Hurlant, Tardi et A suivre, Futuropolis et L’Association, Crumb et Spiegelman, Alan Moore et Taniguchi. Une fois de plus, restent dans l’ombre tout ce qui n’est pas franco-américano-nippon (même si Tove Jansson fut citée), les bandes dessinées de la presse généraliste française, la presse bande dessinée pour filles, les « petits formats » pour la jeunesse et pour adultes. Et même si tous les grands hebdos français de bande dessinée ne pouvaient pas être cités, ce n’est pas un hasard si Cœurs Vaillants et Pif Gadget n’ont pas été retenus. Ce reproche étant posé, si je veux bien admettre que les plus grandes innovations esthétiques sont à puiser chez les protagonistes de l’histoire officielle, plutôt que dans ses marges, les seconds couteaux, qu’ils soient dessinateurs, scénaristes, coloristes, rédacteurs, éditeurs, imprimeurs, ont sur le plan historique une importance qui n’a rien de minime.

Prochain cours le 8 novembre à 9h00 sur le thème : Espace, temps, narration.

Pour sa 23e édition, l’éditeur du BDM annonce le recensement de 170.000 albums en langue française (eh non, je n’ai pas vérifié), auxquels s’ajoutent les principaux périodiques et revues d’études. Soit 1 680 pages. L’objet eut été plus gros encore si les mangas n’avaient pas été exclus, faute de place. Par défaut, un autre volume qui leur serait consacré serait bien utile, du moins si l’on considère que le BDM est moins un argus pour spéculateur qu’un ouvrage encyclopédique. Encore faudrait-il pouvoir définir avec précision ce qu’est un manga, pour savoir quel livre classer dans quel volume (Taniguchi qui figure dans le BDM semble n’être pas considéré comme un auteur de manga).

Une vente d’originaux de Jean Chakir, créateur de Tracassin dans Pilote et de l’Inspecteur Saboum dans Bayard, aura lieu à Drouot le samedi 26 novembre. Les œuvres en vente seront exposées la veille, soit le vendredi 25 novembre.

(Il sera longuement question de Jean Chakir dans le prochain Bananas qui relatera ses longs procès avec les éditions Bayard.)