Il est toujours possible de commander les anciens numéros de Bananas publiés depuis 2006 auprès de vos libraires. Certains en proposent d’ailleurs toujours quelques-uns dans leur magasin (par exemple : AAAPOUM BAPOUM à Paris ou Impressions à Enghien).

Voilà presque 7 ans que Daniel Goossens n’avait pas publié d’album. « Pour bien maîtriser, faire aboutir une création, on a besoin de ce temps de maturation, de réflexion (même sans y penser). Quand je travaille trop vite (comme je l’ai fait dans le passé), il y a une lassitude, des effets de répétition, moins d’enthousiasme. Un gag, une intrigue, une idée dans un tiroir, elle y reste et un jour elle ressort, car je sais comment l’utiliser. Dans ce métier, il faut avoir des « munitions » ! C’est donc avec une énergie décuplée que je me mets à la tâche, mais seulement lorsque je suis prêt. »

Propos recueillis par Patrick Bouster à lire en intégralité sur le site bdzoom.

http://bdzoom.com/177342/interviews/ouvrez-%c2%ab%e2%80%89la-porte-de-l%e2%80%99univers%e2%80%89%c2%bb-de-l%e2%80%99absurde-avec-goossens%e2%80%89/

On trouve également un petit sujet sur lui sur arte.tv. https://www.arte.tv/fr/videos/109169-000-A/bd-dans-l-univers-de-goossens/

Daniel Goossens, La porte de l’univers

Les éditions Atrabile ont 25 ans cette année et un très beau catalogue bâti au fil des années (Frederik Peeters, Manuele Fior, Jason, Gilbert Hernandez, etc.). Canal BD magazine, édité par le groupement des libraires indépendants du même nom, en a interviewé les deux dirigeants dans son n° 142. « Cela donne douze à quinze livres chaque année. C’est la limite si nous voulons continuer à bien accompagner chaque projet, et également éviter de les faire entrer en concurrence entre eux. » On rêve que les éditeurs productivistes comme Delcourt en fassent autant.

En recopiant une planche de Franquin dans son album « Variations », Blutch a interverti les têtes de Gaston et de De Mesmaeker. Quel étourdi ! Pour autant, la Galerie Barbier qui la vend avec quelques autres originaux tirés de ce livre n’a pas jugé utile d’en dévaluer le prix (8 000 euros).

https://www.galeriebarbier.com/artist/blutch/

Blutch, Variations

Les éditions Stara préparent pour septembre 2022 la sortie du volume 2 de L’intégrale Zap Comix, la revue emblématique de l’underground américain. La campagne de financement sur kisskissbankbank a déjà porté ses fruits mais il est encore possible d’y participer. https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/zapcomix2

Le n°18 des Cahiers de la BD publie un entretien avec Edmond Baudoin. On a beau en avoir déjà lu beaucoup, on ne se lasse jamais des paroles de cet homme exceptionnel et terriblement attachant.

Suit la liste de 10 années pour éclairer « à grands traits » la vie de l’artiste (1942 : naissance ; 1981 : premier livre ; etc.). Retenir 2011 pour la parution de « Viva la vida » m’apparaît comme curieux, mais vu l’abondance de sa production, le choix est forcément subjectif. Mais je ne peux m’empêcher de me demander si sa rédactrice a vraiment lu ce livre qu’elle présente comme « un carnet de voyage (…) sur les féminicides de Ciudad Juarez », ou si elle s’est contentée d’en lire la présentation partiale sur le site de l’éditeur. En fait, « Viva la vida » raconte le voyage de Baudoin et Troubs partis dessiner le portrait et recueillir les rêves des habitants de Ciudad Juarez, « la ville la plus dangereuse du monde », « 20 meurtres par jour en moyenne ». En page 3, lorsqu’ils parlent de ce voyage, l’un des deux auteurs auto-représentés précise : « Et puis, il y a en plus (c’et moi qui souligne) ces meurtres de femmes. » En effet, c’est un aspect très important du livre mais loin d’en être tout le sujet puisqu’il n’occupe que 10 % de la pagination !

Je sais bien qu’il y a un prisme aujourd’hui à tout interpréter sous l’angle du racisme et du sexisme, mais tout de même…

Autoportrait de Baudoin publié dans Les Cahiers de la BD

C’est tout ? C’est tout.