HOP ! 153

HOP ! n°153 consacré à Pierre Le Goff vient de battre son record de retard puisque daté mars et paru en juin. Mais qu’importe puisque son contenu n’en est en rien dévalué. Sans être un cas totalement inédit, le dessinateur invité a la particularité d’avoir eu une carrière particulièrement variée puisqu’ayant travaillé à la fois pour des hebdomadaires traditionnels (Vaillant, Pilote, Tintin), pour les « petits formats », pour la presse quotidienne, pour Télé Junior spécialisé dans l’adaptation de séries télévisées (L’Homme qui valait 3 milliards, Les Brigades du Tigre, etc.) et pour la presse Disney.
De ce fait, la bibliographie qui suit le long entretien, si elle a le mérite d’être plus complète et moins fautive (malgré une référence à une brève participation à France-Soir que dément le dessinateur) que celle publiée en 1993 par Pressibus, n’est nullement exhaustive. La difficulté de recenser précisément les travaux pour la presse quotidienne, encore compliquée par le fait qu’ils étaient principalement livrés à une agence (Opera Mundi) qui les vendait à plusieurs supports, se double de l’impossibilité d’établi le détail des productions Disney.
En outre, Pierre Le Goff a également varié les styles graphiques, cette grande souplesse d’adaptation lui ayant permis de remplacer anonymement quelques collègues débordés ou malades. Inversement, il a momentanément été aidé sur certaines de ses séries par ses collègues ou amis (Claude-Henri, Di Marco, Ribera, Marcello, etc.).
Loin d’être anecdotiques, ces pratiques permettent de réajuster la vision dominante trop exclusivement « auteuriste » que l’on a de l’histoire de la bande dessinée. Il s’avère que le romantisme du dessinateur-artiste concrétisant son génie sur le papier coïncide difficilement avec la nécessité de devoir parfois livrer ses 60 planches dans le mois pour une publication Mon Journal. Or les conditions de production influent largement sur le résultat même s’il est défendable de ne pas les prendre en compte pour poser un jugement d’ordre esthétique.
Le choix du dessin repris en couverture de HOP ! ne renvoie qu’au début de carrière de son auteur et ne saurait fournir une image satisfaisante d’une production aussi diverse.
En complément : présentation bibliographique du petit format Frimousse, paru dans la première moitié des années 1960 à destination d’un lectorat féminin ; suite des souvenir de Guy Mouminoux (alias Dimitri) ; et une vingtaine de pages consacrées à des notices nécrologiques très détaillées qui occupent à mon goût une place disproportionnée.
Hop ! 56 boulevard Lintilhac, 15000 Aurillac. Règlement par chèque ou mandat (à l’ordre de AEMEGBD) au prix de 8,00 euros + 2,85 euros de port.

A noter qu’il y a de fortes probabilités que Pierre Le Goff se retrouve au sommaire du prochain Bananas, à travers ses archives, l’homme ayant été par ailleurs un syndicaliste très actif.

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A l’occasion de la sortie de l’adaptation cinématographique de Valérian et Laureline qui fait depuis de long mois l’objet d’un considérable battage médiatique, en adéquation avec son énorme budget (mais que l’on se rassure sur le sort de Luc Besson en cas d’échec du film : les financements sont extérieurs à sa société), la Cité des Sciences et de l’Industrie organise une exposition sur les personnages créés dans par Mézières et Christin il y a 50 ans dans l’hebdomadaire Pilote.
Une fois digéré le choc de l’énorme contraste entre la grandeur du bâtiment et le lieu de l’exposition qui paraît de ce fait tout riquiqui, le visiteur est immédiatement conquis par la scénographie et les pièces exposées. Le mariage entre science et imaginaire fonctionne parfaitement. L’accent est mis sur l’univers et l’espace temps, sur la faune et la flore, sur les systèmes politiques et sur les nombreuses références artistiques dont est truffée la série. Il est conseillé de faire la visite avec un smartphone qui permette de télécharger une application permettant de percevoir des animations « augmentées » mais ce n’est pas indispensable pour apprécier l’exposition à laquelle l’ex-galeriste Pierre-Marie Jamet a participé en tant qu’expert bande dessinée.
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